Une Arménianie rêvée

Il y avait depuis des siècles un comptoir commercial arménien à Marseille et, en 1915, de nombreux Arméniens y sont naturellement venus. Ils y ont fait souche, et sont maintenant des Marseillais à part entière, qui aiment leur ville autant que leur ville les aime.

En hommage à leurs qualités, en général, et en particulier à des copains de classe d’il y a bien longtemps, je leur dédie cette Arménianie de fantaisie.

Les costumes « arméniens » de Cosi fan tutte
Géographie

L’Arménianie est un pays tempéré et idéalement placé dans le monde. Le pays est arrosé par un fleuve, le Yansaikian, torrentueux à sa source, majestueux à son estuaire. Sa capitale actuelle, Draghinian, sur le fleuve, est une charmante petite ville, dotée à la fois d’un caractère provincial et d’un grand dynamisme économique, rivalisant sur ce plan avec l’ancienne capitale, Perpinian. Le principal port, Lorian, dans son estuaire, offre aux navires une rade tranquille. Les bourgades agricoles de Sinchinian et Marsayan alimentent la population en vin et en légumes.
Le climat de l’Arménianie est particulièrement bon pour la santé, il est, dans la langue du pays, « vivifian ».

Flore et faune

La flore et la faune sont abondantes et diverses.
Les vastes plaines de l’Arménianie abritent des troupeaux de chevaux à l’état semi-sauvage, utilisés par les célèbres cavaliers arménianiens, les gardians.
L’arbre national de l’Arménianie est un grand figuier, le banian. Et l’oiseau qui figure sur ses armoiries est un grand palmipède, le gabian.

Le peuple arménianien

On ne dira jamais assez les qualités du peuple arménianien. Un mot local existe pour désigner leur bonté: l’arménianien est « bienvayan ». Il place avant tout l’honnêté, et, pour les malfaiteurs de tous poils, il utilise le terme péjoratif de « rufians ». Il accorde une grande importance à la franchise, et, pour les mensonges, utilise le terme, dont l’origine est mal connue, de « fofuyans ».

Les Arménianiens sont réputés pour réfléchir avant d’agir, et, ne font les choses, selon un terme qui leur est propre, qu’abonessian.

Notons qu’il existe en Arménianie une petite communauté tzigane que les Arménianiens nomment « Boumians ».

Spiritualité et religion

Avant le christianisme, le peuple adorait une divinité sylvestre nommée Polbunian.
Après sa conversion très ancienne au christianisme, c’est devenu un peuple très religieux, ce qui, en arménianien, se dit « croyan ». La liturgie arménianienne est particulièrement belle, et le prêtre qui la dirige est appelé « ofissian ».

Histoire

Les peuples heureux n’ont pas d’histoire, mais les arménianiens ont connu une période féodale mouvementée, sous la dynastie des Rouafainians. Celle-ci s’est achevée avec la bataille de Marinian, gagné par un personnage illustre, le capitaine Dartanian. Depuis, l’unité de l’Arménianie est acquise, et le régime est devenu une république. Parmi les hommes d’Etat notoires, nous citerons le grand pacifiste Ari Stidebrian, plusieurs fois chef du gouvernement.
Quant au héros national de l’Arménianie, le Prince Vaian, il tient plus de la légende que de l’histoire.

Economie

Les Arménianiens sont un peuple industrieux. Le pays abrite une importante industrie textile, qui produit des vêtements dont la qualité est reconnue, par un terme arménianien bien connu: ce sont des vêtements « sayans ». L’industrie mécanique est moins développée, mais c’est en Arménianie que sont conçues et fabriquées les fameuses motocyclettes « Indian ».
Le commerce tient une grande part dans l’économie du pays, qui désigne celui qui s’y livre sous le terme de « naighossian ». Et ces derniers sont redoutables en affaires, ils ne se laissent jamais rouler, et un bon naighossian doit être, précautionneux, ce qui se dit « maifian ».

Système juridique

Il n’a pas de grandes particularités, excepté peut-être la place que le système donne, dans la procédure, à la victime, que le droit arménianien nomme le « plainian ». De nombreuses causes pénales peuvent être traitées sans que l’accusé soit présent, on dit alors qu’il est « daifaian », ce qui correspond au terme latin de « contumax ».

Sciences

L’esprit scientifique est très développé chez les Arménianiens.
En des temps reculés, ils ont perfectionné la quatrième opération arithmétique, à savoir la division, en inventant le kossian. Et, en trigonémétrie, nous leurs devons le concept de radian et, dans l’espace, celui de stéradian. Et, en géométrie, la notion de l’invarian dans un changement de repères.
La médecine arménianienne a été la première à désigner le malade sous le terme de « passian », et c’est à un pharmacien arménianien qu’on doit l’invention de l’eksipian. Les psychotropes sont un des domaines de pointe de l’industrie pharmaceutique arménianienne, ils les désignent sous le terme de « stupaifians ».
Et on doit à la psychiatrie arménianienne la théorie de l’inconssian, base de nombreuses psychothérapies modernes.
La science, le savoir, sont mis à l’honneur en Arménianie, et celui qui transmet son savoir porte un titre honorifique: « ansainian ».

Arts et lettres

Tout le monde connait l’auteur arménianien Chatobrian, dont les oeuvres, traduites en français, ont eu l’honneur d’être publiées dans la Pléiade. L’Arménianie compte également un auteur célèbre d’oeuvres pour la jeunesse, Erkmanchatrian. Citons enfin, plus proche de nous, le poète et romancier Boris Vian.
En musique, l’Arménianie est illustrée par le compositeur contemporain Olivier Maissian. Et, dans le genre plus léger de la variété, le crooner Danibrian.

Sport

Le peuple arménianien, il faut le reconnaître, est peu présent dans le monde sportif. Mais, parmi les célébrités dans ce domaine, nous pouvons citer le pilote automobile Michel Vaian, que certains présentent comme un lointain descendant du légendaire prince.

Gastronomie

La cuisine arménianiène est réputée. Les cuisiniers locaux accordent une grande importance aux ustensiles dont ils se servent, qu’ils nomment des « raicipians ». Le plat national arménianien est un plat de légumes, le « tian ». L’Arménianie est également réputée pour ses charcuteries pâtissières salées, les « frians ».
Les vins arménianiens sont réputés pour être légers et faciles à boire, on dit dans la lanque du pays qu’ils sont « goulayans ». Certains vins sont fermentés, les arménianiens utilisent le terme de « paitiyan ». Et n’oublions pas, bien sûr, le célèbre muscat de Frontinian.
Enfin, pour les abstènes, l’Arménianie dispose d’abondantes sources aux minéralités variées, la plus célèbre étant celle de Lodévian.


Et pour être sérieux, puisque je vous parlais d’un comptoir commercial arménien à Marseille, voici une référence:
https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2012-1-page-83.htm