Une seule vie

« Hong médita le jugement confus que Rebecci portait sur sa vie. La seule chose que l’Occident lui eût enseigné avec assez de force pour qu’il lui fût impossible de s’en délivrer, c’était le caractère unique de la vie. Une seule vie, une seule vie… Il n’en avait point conçu la crainte de la mort (il n’est jamais parvenu à comprendre pleinement ce qu’est la mort ; même aujourd’hui, mourir n’est pas pour lui mourir, mais souffrir à l’extrême d’une blessure très grave), mais la crainte profonde et constante de gâcher cette vie qui était la sienne et dont il ne pourrait jamais rien effacer. »

Extrait de: André Malraux. « Les Conquérants. »