Election présidentielle: il est temps de modifier le mode de scrutin.

Le mode de scrutin pour élire le Président de la République est fixé par l’article 7 de la Constitution:

« Le Président de la République est élu à la majorité absolue des suffrages exprimés. Si celle-ci n’est pas obtenue au premier tour de scrutin, il est procédé, le quatorzième jour suivant, à un second tour. Seuls peuvent s’y présenter les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, se trouvent avoir recueilli le plus grand nombre de suffrages au premier tour. »

Ce mode de scrutin constitue une double exception dans le Droit français:
– Il est fixé par la Consitution, et non pas une loi.
– Il ne retient que deux candidats pour le second tour.

Ceci était taillé sur mesure pour un homme, le Général de Gaulle, ou, à tout le moins, pour des successeurs qui seraient des hommes d’exception.

C’est cette limitation à deux candidats pour le second tour qui polarise cette élection d’une manière excessive, alors que, pour les députés, pour les élections municipales, etc., peuvent se maintenir au second tour un plus grand nombre de candidatures. Ce maintien est autorisé aux candidats ou aux listes ayant obtenu un certain pourcentage des voix.

Modifions le mode de scrutin, autorisons les candidatures au second tour dans les mêmes conditions, par exemple, que pour les députés, et nous débloquons la polarisation, nous ouvrons un nouvel espace de démocratie.

Il est encore temps, par la voie du referendum ou par la voie du Congrès, de modifier la Constitution. Elle a déjà connu 25 révisions depuis 1958, soit environ une tous les trois ans. Ce n’est donc pas une procédure rare, ni exceptionnelle.