C’est ce soir, cette nuit, que nous ouvrons la porte
Nous ne l’ouvrons qu’une seule fois dans l’année
Au reste des saisons, la porte est condamnée
Nous veillons à ce que nul ne rentre ou ne sorte
Pour l’ouvrir il n’est pas besoin de sacrifices
Pas besoin de tracer le sceau de Salomon
Et, ainsi protégé, d’invoquer le démon
Point n’est besoin de sorts ni de noirs maléfices
Car pour ouvrir la porte il suffit de rêver
Il suffit de penser, et de souvenir
Alors, tout doucement, nous verrons revenir
Ceux qui pour une nuit viennent nous retrouver
C’est la nuit de Samain, point besoin de Sésame
Pour ouvrir un instant la porte du passé
Pour ramener à nous celui qui, trépassé
Vient nous voir un instant pour consoler notre âme
Certes, il repartira, et nous le savons bien
Il ne reverra pas la lumière du jour
Il ne peut pas quitter son éternel séjour
Mais si nous l’oublions, il n’en restera rien
C’est la nuit de Samain, la nuit de la mémoire
Demain se lèvera à nouveau le soleil
Notre père aux couleurs de l’or et du vermeil
Quand Beltaine viendra, nous verrons sa victoire
