Primaire populaire?

L’initiative est intéressante et dérangeante. Mais c’est son nom même qui sème la confusion: « Primaire populaire ».


Ce n’est pas une « Primaire » au sens que lui donnent ses inventeurs, les Américains, en ce sens qu’il ne s’agit pas pour un parti politique de désigner son candidat par un vote général. Ce n’est pas une « Primaire » au sens que lui ont donné les partis politiques français en important ce système, et en l’élargissant.
Ce n’est pas « Populaire », au sens où le mot « Populaire » est un mot fourre-tout mal défini, qui vise juste, dans ce cas, à rechercher dans ce mot une certaine légitimité.

Mais c’est, disons, un « test de classement des candidats possibles », selon une méthode originale, et qui, au moins, permet d’ouvrir autour du classement un espace de débat. Mais alors, pourquoi seulement certains candidats possibles? Et dans que « périmètre politique », en l’occurence les candidats de la gauche traditionnelle, plus le candidat de l’écologie politique?

Tout ceci ne nous montre qu’une chose, l’incapacité des partis politiques, ou tout au moins de la majeure partie d’entre eux, à sélectionner en leur sein un candidat, ou à passer des accords entre partis pour choisir un candidat commun.

Et cette déliquescence des partis politiques, voulue par De Gaule, nous a amené, après quelques dizaines d’années où ils ont bien résisté, à la situation actuelle, avec quelques exemples:

  • 2017, un candidat qui crée un parti à titre personnel et qui est élu sur un coup de poker, avec comme cartes sa nouveauté et son absence de rattachement à un parti traditionnel, en visant un électora « centriste ».
  • 2022, des candidats ayant quitté un parti qui le réintègrent pour demander son investiture.
  • 2022, un candidat qui suit exactement la même démarche qu’Emmanuel Macron, et qui créé un parti à titre personnel pour tenter le même coup de poker qu’en 2017, avec les mêmes cartes, mais en visant un autre électorat.

Tout ceci pour élire un Président de la République qui, en pratique, n’a aucun pouvoir s’il n’a pas « à sa main » un gouvernement maîtrisé par une majorité à l’Assemblée nationale.