Traditionnellement, le 14 juillet, je regarde le défilé militaire, fier et heureux de voir passer, devant des millions de téléspectateurs, en France et, j’espère, dans le monde entier, le produit de mes impôts.
Mais il me vient à l’esprit une question: Pourquoi célébrer la fête nationale par un défilé militaire?

Les Américains aiment les grandes parades, où il y a, certes, un volet militaire, mais dans une ambiance de liesse, une ambiance « bon enfant ».

Les Britanniques font de « Trooping the colour » une parade musicale et chorégraphique. L’armée est présente, mais, finalement, peu guerrière.

De nos jours, les défilés militaires sont essentiellement organisés dans des dictatures. La Chine, la Corée du Nord les affectionnent, et même la Russie de Poutine fait défiler ses troupes avec plaisir. Ces défilés servent à impressionner, certes, mais à faire peur à qui? A des pays étrangers, agresseurs potentiels, ou au peuple qui subit le joug de la dictature?

Comment la France est-elle passée de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 a un défilé de chars d’assaut, de canons, de missiles et de bombardiers? Certes, un grand défilé, en 1919, a célébré la victoire à l’issue d’une guerre sanglante. Certes, un grand défilé, en 1945, a célébré la fin du nazisme. Mais que célébrons-nous, que marquons-nous, que promouvons-nous avec le défilé militaire d’aujourd’hui?
Quand Eva Joly, candidate à l’élection présidentielle, en 2011, proposait de remplace le défilé militaire du 14 juillet par un « défilé citoyen », elle n’avait pas tort.
Je conseille la lecture, dans l’ouvrage collectif « Les lieux de mémoire » (Gallimard), de l’article de Christian Amalvi, « Le 14-juillet ».
