De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.
(Matthieu, 21,22, traduction Louis Segond)
La « faculté de théologie économique appliquée à l’intérêt général », dite « faculté Saint Matthieu », est une des plus anciennes, mais aussi une des plus méconnues des « fabriques », si ce mot nous est permis, où s’élabore, jour après jour, année après année, siècle après siècle, la pensée de l’Église gallicane sur ce sujet délicat qu’est la conjonction — ou la disjonction — du spirituel et du temporel.
Elle présente la particularité de concentrer sa réflexion, son analyse, son exégèse des textes sacrés sur un seul texte, l’Évangile selon Matthieu, sur un seul verset de ce texte, « 21,22 » et même, à l’intérieur de ce verset, sur une seule partie de la parole divine: « Rendez donc à César ce qui est à César ».
En effet, rendre à Dieu ce qui est à Dieu pose moins de difficulté théologique, tout étant, bien évidemment, à Dieu. Mais dans tout ce qui, depuis toujours et pour toujours, dans les siècles des siècles, est à Dieu, qu’est-ce qui peut, provisoirement, temporairement, secondairement, sur le plan spirituel, mais, dans notre vallée de larmes, prosaïquement, matériellement, appartenir, par exception provisoire et le temps des vies humaines, à César?
Bénédictins, Dominicains, Franciscains, Jésuites travaillent à éclaircir ce point, dans un esprit de parfait collaboration spirituelle, mais avec des débats parfois âpres, cependant toujours subtils, pour distinguer ce qui, dans nos misérables vies charnelles, doit être arraché de nous pour être rendu à César.
De nombreux laïcs oeuvrent aussi, dans la discrétion, à traduire par des mots ce qui, dans ces hautes sphères de réflexions spirituelles, peut et doit être communiqué aux fidèles et, au-delà, à l’ensemble des hommes.
Mais même ces écrits nécessitent, pour leur compréhension par le profane, lecture attentive, étude approfondie et subtile exégèse…
Que Saint Matthieu assiste et protège tous ceux qui doivent rendre à César!

Pour tous ceux qui s’intéressent à ces questions, la faculté de théologie Saint Matthieu a son siège à Paris, douzième arrondissement, 139, rue de Bercy.
Les travaux de la faculté de théologie Saint Matthieu sont consultables en cliquant sur ce lien.
Je remercie, en ne citant que leurs initiales pour ne pas offenser leur modestie, les Révérends Pères Patrick G. et Félix-Jean L., illustres figures de cette assemblée de penseurs.
